Cosplay : quand la fiction prend vie

Crédit : aegidiusdesigns (instagram). Prendre l’apparence de personnages de fiction, c’est tout un art. Le cosplay, mot valise qui vient de « costume » et de « play » (jouer), fait fureur sur les conventions.

Hier, à Japan Con de Bruxelles, les fanas du Japon et de sa culture se sont donné rendez-vous pour deux jours de spectacles, ateliers et expositions. Certains n’ont pas hésité à revêtir perruques et robes à froufrou tout droit sorties d’animés bien connus tels que Dragon Ball ou Death Note. 

Mais derrière tout ce tissus et papier mâché coloré se cache une passion débordante que beaucoup de jeunes (et de moins jeunes) partagent. « J’ai découvert le cosplay il y a 9 ans et ça m’a tout de suite plu. Bien sûr, ça peut vite prendre de la place. J’ai réalisé plusieurs armures et il faut savoir où les ranger. C’est aussi un coût de temps et d’argent, mais comme je suis étudiant je peux me permettre de m’investir dans ce loisir. Au final, ça vaut le coup. Il y a un coté très créatif, on fait presque tout nous-même », raconte Gilles, un étudiant arborant un costume de Star Lord (« Les gardiens de la Galaxie »). Il a dessiné lui-même son blouson qu’il a ensuite commandé. Ses écouteurs oranges viennent du Walkman de sa mère. Enfin, il a réalisé le collier du personnage avec une imprimante 3D et son casque avec du carton. Un résultat presque digne d’Hollywood. 

 

L’aspect social du cosplay pousse les jeunes à s’investir à fond dans ce hobby un peu spécial. À chaque convention ou évènement, ils se retrouvent, forment des communautés et rencontrent de nouvelles personnes. « On pourrait croire que les conventions sont remplies de gens bizarres pas très sociables, mais c’est totalement le contraire. Quand on porte un costume, c’est hyper facile pour les autres de venir vers nous et de lancer la conversation sur le personnage qu’on représente et son univers ». 

 

Cosplay is not consent 

 

Depuis plusieurs années, le climat de sensibilisation au harcèlement sexuel pousse les organisateurs de conventions à poser des bases à leurs visiteurs. Un peu partout dans la salle de Tour et Taxis, des affiches rappellent que « Cosplay is not Consent » (le cosplay n’est pas le consentement). Tasha, cosplayeuse aguerrie, n’a pas personnellement vécu de mauvaise expérience mais elle raconte qu’une de ses amies fait souvent l’objet d’injure sexistes : « elle est un peu forte et elle aime s’habiller en Sailor Moon. On voit juste ses jambes, mais ça suffit pour que des personnes se permettent de lui faire des réflexions sur son physique. Ils se moquent d’elle alors qu’elle ne fait rien de mal, elle veut juste s’habiller comme elle en a envie et s’amuser». 

 

Anne Gerday