La magie des hologrammes

Michael Jackson, Amy Winehouse, ou plus récemment encore, Maria Calas en tournée hologramme ! Vous avez sans doute déjà vu de semblables articles pululer sur les réseaux sociaux. Bien qu'à première vue, cela paraisse incroyable, proposer un concert holographique, cela n'a rien de sorcier... Vous découvrirez par la même occasion l'ancêtre des hologrammes : la fantasmagorie. 

 

Le fonctionnement des concerts en hologramme

Il existe, à Liège, une boîte nommée le B71. Cette dernière travaille principalement dans le videomapping (reconstituer des cartes, en 3D ou non, par ordinateur). Cependant, l'équipe touche aussi au monde de l'hologramme. Julien Chandelle, directeur technique : "En fait, ce qu'ils font, c'est qu'ils vont créer une vidéo 3D sur l'ordinateur. Pour ce faire ils vont reprendre des images d'archive de la personne qu'ils veulent projeter. Ensuite, une actrice équipée de capteurs reproduit les mouvements de la chanteuse dans la vidéo, c'est ce qu'on appelle la 'motion capture'. Pour la voix, soit l'actrice va chanter, soit ils vont rechercher des archives audio". Cette étape terminée, c'est le moment de la projection. "Une fois la vidéo créée, ils vont la projeter sur un papier transparent ou semi-transparent par devant ou par derrière. Mais ce n'est pas la seule méthode de projection. Parfois, on projette sur une plaque blanche au sol, qui elle, va refletter la projection sur le papier. C'est ce qui va donner l'impression que l'image flotte dans l'air". Ces événements se popularisent, et les retours du public sont concluants. "Plus tard, on pourrait même avoir des hologrammes comme dans Star Wars. Certaines universités travaillent déjà là-dessus. Il ne reste plus qu'à surmonter quelques couacs techniques" termine-t-il.  

 

La fantasmagorie, ancêtre des hologrammes ?

L'idée de projetter des images n'est pas nouvelle. C'est une caractéristique même du cinéma. Déjà en 1798, des spectacles de projection étaient organisés à l'initiative de Robertson, qui était originaire de notre cité ardente. Marc-Emmanuel Mélon, professeur en histoire du cinéma à l'Université de Liège, nous explique comment l'ingénieux liégeois procédait : "C'était un spectacle qui était organisé à Paris, à l'époque de la Révolution Française, plus exactement pendant la terreur. C'était une époque où il y avait de nombreuses disparitions, exécutions. Robertson avait mis au point un dispotif très particulier, très complexe. Au départ d'une lanterne magique (ancêtre des appareils de projection), il projettait des plaques peintes par sa main, de personnalités importantes décédées pendant la révolution, sur un rideau de fumée. Les visages semblaient alors reprendre vie, et cela donnait l'impression que les fantômes des défunts étaient présents dans la pièce avec les spectateurs". Mais ce n'était pas la seule idée de génie du belge... "Il avait aussi imaginé demander à certains spectateurs de lui décrire un de leurs proches morts. Suite à cette description, il sélectionnait une plaque qu'il avait peinte au préalable, la plus ressemblante possible au descriptif, afin de la projeter dans la fumée. Les spectateurs pensaient alors revoir leurs parents. Il va sans dire que ce procédé reposait sur une incroyable crédulité du public" conclut-il. 

L'être humain a toujours été fasciné par la projection. En témoignent les fantasmagories, le cinéma des Frères Lumière, ou bien les hologrammes. Et même si aujourd'hui, nous sommes bien avancé dans cette technologie, nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises. Peut-être pourrons-nous bientôt véritablement nous parler comme dans Star Wars.