Nethys : des gilets jaunes bloquent l'entrée de la maison mère à Liège

"Moreau (mort aux)scandales", "Fermeture pour : détournement de fonds, abus de confiance et escroquerie ! Nous condamnons de façon nette et fine"...  La verve des gilets jaunes s'est débridée pour conspuer les scandales Publifin. Les slogans couchés en caractères gras sur d'imposantes banderoles tapissent l'entrée du siège de Nethys, rue Louvrex à Liège. 

6h30 : la grille du bâtiment était déjà ornée. 8h30 : les gilets jaunes étaient priés de s'en aller. Pas assez nombreux face à l'adversaire, impossible de camper sur leurs positions. Mais ils ne démordent pas : direction RESA, à deux pas de là. Opération réussie, une quarantaine de travailleurs poireautent sur le trottoir. Un barrage jaune fluo les empêche d'aller prester. On retend les banderoles. "Bon les gars, du coup je vais me boire un café ! Je reviens après..." Quelques gilets jaunes se désengagent de l’agrégat. D'autres le rejoignent. Au fil des heures, le mouvement gonfle. Les protagonistes grondent. Les employés de RESA, eux, ne bougent pas. 

Le ton s'emballe. "Mais Monsieur, nous devons trouver un compromis ! On ne peut pas laisser nos travailleurs dehors toute la journée", désespère la direction de RESA. "Mais laissez les rentrer chez eux alors ! Payez leur quand même leur journée par contre...", rétorque un activiste. « Hé les gars, ça va être comme pour les jetons de présence : on va être payé pour être au boulot, mais on ne bosse pas ! » plaisante un employé à l’abri des oreilles de la direction. 

RESA : la bonne cible ?

L’opérateur de réseaux de distribution de gaz et d’électricité s’est révélé comme un parfait plan B. RESA est une filiale de Nethys, qui dépend elle-même de la coupole de Publifin. Un micmac nébuleux. Les revendications des gilets jaunes, elles, semblent claires : assez des mandataires politiques qui profitent allégrement de l’argent du contribuable, marre de l’électricité qui écrase le budget des ménages, ras-le bol de ces scandales impunis.  

Du côté de la direction de RESA, l'incompréhension règne. Les dirigeants refusent, en revanche, toute déclaration. Une oreille indiscrète tendue vers des escarmouches de plus en plus bruyantes comprend que la direction s’agace. Une employée maintient auprès d’un manifestant qu’ils n’ont plus rien à voir avec Publifin. Un autre insiste : « Là vous bloquez des travailleurs. C’est pas nous qu’il faut cibler ! On ne fait que distribuer le gaz et l’électricité ! ». Mais les gilets jaunes sont convaincus : ils ne bougeront pas, sous aucun prétexte.

Sauf que... vers 14h30 : revirement de situation. La sécurité intervient. Les gilets jaunes sont contraints de quitter le navire. Ils reviendront, plus nombreux, plus forts.

Nethys : les gilets jaunes s'électrisent