Structure de l'Etat et crise politique, la NVA est-elle d'extrême droite?

Les blocages lors des négociations au niveau fédéral restent en tête. Souvent, le débat médiatique francophone tourne autour de la place de la NVA. Le parti de Bart De Wever est-il trop stigmatisé ? Certains n'hésitent pas à classifier le parti comme étant d'extrême droite. François Debras, doctorant en science politique à l'ULiège, tempère :

« Pour caractériser un parti d'extrême droite, il faut remplir certaines conditions, certaines représentations du monde. On pense à une forme de nationalisme qui s'oppose à l'immigration. À une forme de chauvinimse également. Il y aussi une idée d'inégalitarisme, dans le sens où l'on pense qu'il y aurait des cultures, des religions, des races qui seraient supérieures, et d'autres inférieures. Pour ma part,  je considère que la NVA a une position très claire vis-à-vis de l'immigration. S'ajoute à cela une position protectrice de la culture flamande. Mais je ne considère pas la NVA comme un parti d'extrême droite. Je ne pense pas que la NVA partage une idéologie inégalitariste. A l'inverse, on peut observer à certains moments de l'actualité que la NVA réactive, par certains propos chocs, l'électorat du Vlaams Belang pour gonfler ses rangs ».

Suite à des propos recueillis en rue, Laura Clays, originaire de Louvain et étudiante en journalisme à la VUB, est étonnée que la NVA fasse peur de notre côté de la frontière linguistique :

« En Flandre, la NVA est considérée simplement comme un parti de droite. Il y a des figures comme Théo Francken et Bart De Wever qui ont des idées assez spécifiques, mais je ne savais pas que la NVA pouvait être considérée comme dangereuse. Ce n'est pas du tout comme ça en Flandre. Si une partie de la NVA veut la fin de Belgique, je ne pense pas qu'elle y arrivera ». 

Finalement, la structure complexe de l'Etat fédéral ne rend-elle pas plus tangible la fracture entre la Flandre et la Wallonie ? Quentin Pironnet, maître de conférences au Centre de droit public et constitutionnel de l'ULiège, s'interroge : 

« Est ce que c'est la structure qui a amené les tensions ou est-ce qu'elle est venue les apaiser ? C'est un peu des deux : dans le cas de la structure institutionnelle belge, au départ, la fédéralisation est une tentative de pacification des tensions communautaires. On a transféré des compétences pour éviter que, à l'avenir, les tensions augmentent fassent exploser le pays. Ceci posé, certaines régidités de la constitution, de la structure de l'Etat, sont également une possible cause de nouvelles fractures. On le voit par exemple en ce moment, au sujet du climat. La volonté de changement affichée dans les rues se heurte à une structure très rigide, notamment celle de la révision de la constitution sur les lois spéciales »

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L'équipe du S'tu Débats vous souhaite une bonne écoute!